Blog

Des cacahouètes pour une démocratie

 

Y a-t-il des fiscalistes, des économistes et des personnes de bon sens dans la salle ?
Allez alors, on travaille.

Les fiscalistes, prenez le PIB de la Belgique. Et calculez maintenant ce à quoi, au regard des impôts directs et indirects, a droit l’Etat (avec toutes ses composantes fédérées, publiques et parapubliques, utiles comme inutiles). Vous avez le chiffre ?
N’oubliez évidemment pas le produit de la fraude fiscale, il n’y a pas de raison.
Allez, avouons-le, on a une bien belle somme rondelette. On est riches, les amis !
Appelons ce chiffre « A ».
Et celui de la fraude fiscale, qu’on utilisera plus loin, appelons-le « X ».

Les économistes, vous, prenez maintenant un autre chiffre, plus difficile à calculer. Parce qu’il s’agit d’une somme astronomique, dans laquelle figurent les dépenses inutiles, les aides injustifiées ou incongrues, les privilèges accordés, les tricheries engendrées par la corruption, le coût du fonctionnement des institutions totalement superflues ou obsolètes, les procédures kafkaïennes dont notre pays est friand, et enfin le prix de l’incompétence du management des institutions générée par l’encore extrême politisation de l’administration. OK ? Vous avez un chiffre plus ou moins établi ? Pas mal aussi, non ? Foudroyant même, je crois.
Appelons-le « B ».

A votre tour maintenant, les personnes de bon sens.
Calculez un peu ce que coûtent les primes, surprimes, cumuls, jetons de présence exagérés, surrémunérations indécentes dont on parle beaucoup en ce moment. Vous savez, ces rétributions de toute sorte qui font que tant d’hommes et de femmes politiques vivent nettement au-dessus des conditions de vie du brave peuple valeureux qu’ils sont pourtant censés représenter.
Personnes de bon sens, prenez comme base ce que doit décemment gagner à votre avis quelqu’un qui s’engage à œuvrer, comme il le dit, au bénéfice de la collectivité qu’il représente. Donc quelqu’un qui n’a pas pour but de s’enrichir personnellement. Le chiffre que je vous demande d’estimer, et que l’on appellera « C », est au-delà de cette base : la différence entre celle-ci et le montant total perçu par tous les mandataires.
Le chiffre C représente donc le fossé qui fait que ces mandataires ne peuvent plus comprendre la réalité de leurs mandants. Le C, c’est le syndrome Marie-Antoinette, à qui on a prêté cette phrase assassine à la veille de la Révolution française : Ils se plaignent qu’il n’y a plus de pain, mais qu’ils achètent de la brioche !
OK, vous vous êtes mis d’accord ? Le C est faramineux, c’est cela que vous dites ? Ben oui.

Allez, on rassemble tous les chiffres.

Le budget affecté à toutes les politiques belges en faveur d’un développement harmonieux de notre société est obtenu par A – X – B – C. De ridicules cacahouètes. Franchement, c’est trop peu, raison pour laquelle on peut considérer qu’il n’y a malheureusement pas grand-chose qui fonctionne chez nous. Raison pour laquelle aussi les investissements publics ont chuté de 50% en 25 ans. 50% ! Oui, oui, ça vient du Soir.

Alors que le budget pour toutes les politiques publiques devrait être tout simplement de A, un budget énorme à la hauteur de notre pays riche et surtaxé, auquel on ne retirerait que les sommes nécessaires pour une gestion normale, comme une entreprise qui veut tenir la route rétribue ses fonctions tertiaires et ses actionnaires.

Mais bon, tout cela ce ne sont que des lettres sans même de chiffres. Ben oui, j’ai besoin de vous, les amis, fiscalistes, économistes et personnes de bon sens. Pour que ces lettres ne restent pas sans chiffres. Pour que ces politiques ne restent pas sans éthique, des promesses sans effet.

Et pour que notre démocratie ne soit pas sans avenir.

Laisser un commentaire

Recherche

Suis moi sur les réseaux sociaux :

Design & développement par Alinoa