Huit mois sans voiture

Posté le 20 avril 2010 dans Divers

Cela fait aujourd’hui huit mois que j’ai abandonné lâchement ma voiture. Elle m’énervait ! J’en avais marre. Huit mois, c’est presque un bail. En tout cas suffisant pour en tirer des enseignements. Et pour fêter cela, Tom Tom, le fabricant de GPS, sort aujourd’hui une enquête qui démontre que Bruxelles occupe la première place dans les 60 principales villes européennes, en termes de problèmes de circulation automobile.
Alors, comment se sont passés ces huit mois ?
Eh bien, pas trop mal !

J’ai circulé beaucoup, sans doute plus que la moyenne, essentiellement en Wallonie et à Bruxelles. Avec très peu de routine, vu que je peux aller un jour à Verviers, le lendemain à Libramont, et le troisième jour à Jettes ou à Frameries. Il est vrai que je n’ai souvent qu’un déplacement par jour, mais il m’est arrivé quand même souvent d’avoir plusieurs destinations sur une journée. Alors, voilà les constats que je peux faire :

  1. Je n’ai quasi jamais été en retard. Bien moins souvent que mes collègues en voiture. Professionnellement, j’ai connu une dizaine de retards, parmi lesquels sept étaient moins de cinq minutes. Je n’en ai eu que trois très importants, qui ont modifié mon emploi du temps : un jour d’inondation des voies de chemin de fer ; le jour du crash de train de Buizingen ; et un jour où mon train a été supprimé pour des raisons indépendantes de notre volonté… La SNCB est dans un état déplorable, scandaleux, mais si ses trains sont souvent en retard, cela reste comparable avec le retard des automobilistes, quasi toujours en retard eux aussi, à cause notamment des embouteillages.
  2. J’ai marché pas mal, ce qui m’a fait (re)découvrir la beauté des villes, des parcs et des façades, et ce qui m’a fait quand même un peu d’exercice.
  3. Je n’ai pris le taxi qu’une douzaine de fois.
  4. Une seule fois, il ne m’a pas été possible de me passer de la voiture. Je devais aller d’un séminaire dans la campagne à un autre séminaire dans la campagne. Impossible à faire en bus !
  5. Durant ces huit mois, il a plu, neigé et fait froid. Pourtant, ça ne m’est arrivé qu’une seule fois (une seule !) où j’ai dû m’abriter tellement il pleuvait. Je n’ai pourtant ni chapeau ni parapluie.
  6. Dans le tram, le métro ou le bus, dans deux tiers des cas, j’ai eu huit fois sur dix des places assises, avec très souvent la possibilité d’utiliser mon ordinateur. Jamais, je ne me suis senti en insécurité, mon Mac sur les genoux. J’ai donc pu mettre à profit mon temps de déplacement pour lire, travailler, me reposer.
  7. Il m’est même arrivé deux ou trois fois de prendre les bus en Wallonie, lesquels n’étaient pas en grève !
  8. Durant plus de la moitié des trajets que j’ai faits dans la voiture de quelqu’un d’autre, j’ai retrouvé immédiatement quelque chose que je n’avais plus : le stress ! Au volant, on est responsable de ses choix. Merde, j’aurais dû prendre par ici, ou par là, et regarde-moi ce connard qui n’avance pas !… Tandis qu’en transport en commun, on a un chauffeur, qu’on ne doit même pas manager !

Quant aux transports en commun, SNCB ou STIB, oui ils sont déplorables. Les fréquences de la Stib sont inacceptables, et l’orientation client n’existe quasi pas au sein du personnel, pas plus qu’en celui de la direction, qui ne répond pas aux courriers qu’on lui envoie. Leur communication est nettement à améliorer. La SNCB, n’en parlons pas. Elle traite ses clients comme des usagers qui l’emmerdent.
Et c’est donc finalement cela qui est rassurant : le jour où les pouvoirs publics comprendront l’enjeu des transports collectifs, qu’ils y investiront significativement et qu’ils mettront à la tête des sociétés des managers un peu plus énergiques et consciencieux, eh bien, ce sera magnifique ! Tandis que côté voiture, franchement, croyez-vous vraiment que l’on puisse entrevoir un jour une quelconque amélioration ? Ben non, évidemment. La voiture, c’est fini, elle étouffe les villes et s’étouffe elle-même. Depuis un siècle, les pouvoirs publics investissent dans la voiture individuelle essentiellement, en enlaidissant et polluant les campagnes, les entrées de ville, les centres urbains. En quoi et comment cela pourrait-il aller mieux ? En élargissant encore les routes et les autoroutes ?

En conclusion : mes déplacements ont été efficaces, plus économiques, plus écologiques, moins dangereux, plus reposants, mieux rentabilisés en termes d’occupation, plus beaux également, et surtout surtout nettement plus plaisants !
Le jour donc, disais-je, où les pouvoirs publics comprendront… euh… eh bien non, je ne crois pas au père Noël. Donc, OK, n’attendons pas les pouvoirs publics : jetons notre bagnole !

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