Courage, N mon ami

Posté le 12 février 2008 dans Divers

N est un gars de 16 ans adorable. Je le connais depuis qu’il est bébé. Jamais il n’a fait de mal à une mouche. Hier, il s’est fait tabassé en rue par un connard de son âge. Pour une histoire de cigarette. T’as pas une clope ? Non ? Eh bien alors je te casse la gueule. Tiens ! Ses potes n’ont pas pu ou osé le défendre. Sauf un, qui a eu le nez cassé. Et une copine qui a appelé les flics. Le salaud a été arrêté. N a été emmené à l’hosto. La crapule est sortie du commissariat en même temps que N sortait de l’hosto, quelques heures plus tard. Que voulez-vous qu’ils fassent avec ? vu qu’il n’en est absolument pas à son coup d’essai, comme le relate le père de N dans un commentaire, deux billets plus loin.
N n’a pas été à l’école aujourd’hui. Il a mal. Et il a peur.
Ca n’est pas juste. C’est révoltant. A coup sûr, le fumier continuera.
Je n’ai pas grand chose à rajouter, si ce n’est : courage, N mon ami.

3 commentaires pour Courage, N mon ami

  • pierre b dit :

    Papa de N, merci pour les messages compatissants, les amis. Non, je n’ai pas envie de casser la gueule à ce "salaud d’ado", bien plus à plaindre que N, pour qui les bonnes fées se sont montrées généreuses, depuis sa naissance. J’en veut, par contre, à ce système qui, sous prétexte de protéger, tient surtout à ne rien remettre en question. Les jeunes casseurs cherchent à conjurer leur sentiment d’impuissance, par la violence. Etre le plus fort, au moins quelque part, permet d’accéder à un certain niveau d’invulnérabilité. Non seulement ça marche, mais la loi est ainsi faite. Et nous disposons tous d’un jardin secret où nous sommes les plus forts: c’est ça le progrès. A quand le grand boum?

  • Tim dit :

    Bravo pierre b. J’avoue que je ne sais pas si j’aurais eu la même réaction, marquée du sceau de la lucidité, sur la malchance des uns et la chance des autres d’être "bien né" ou pas, si un type avait agressé une de mes filles.

    Bien que ma vision ait quelque peu changé (en bien) depuis qu’un jour, il y a quelques mois, j’ai pris en stop un jeune ado qui m’a avoué qu’il s’était échappé d’un IPPJ pour rentrer chez lui… quelques heures. Il en avait marre de se faire em… par les plus grands, des ados comme lui, mais plus costauds et surtout plus belliqueux, pour qui la loi du plus fort est à peu près la seule qu’ils connaissent.

    Je l’ai déposé pas loin de chez lui et sur le chemin du retour, je n’ai pas arrêté de me dire que j’aurais pu faire plus pour ce gosse, mais quoi ?

    Je me pose la question encore aujourd’hui !

  • JMH dit :

    La semaine dernière, un de mes amis m’expliquait, tout empreint de révolte et de frustration, comment sa fille de 25 ans venait de se faire agressée… pour la quatrième fois en l’espace de trois ans.

    Même commentaire sur l’impuissance de la police à faire quoi que ce soit vis-à-vis des mineurs auteurs de violences pourtant sérieuses.

    Mon ami, écœuré, se laisse alors aller à des propos racistes et une envie de vengeance. Dérive, bien sûr. Mais générée par une impunité et une insécurité trop injustes.

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