D’une image à l’autre, et les larmes aux yeux.

Posté le 1 janvier 2016 dans Divers

L’année 2015 ne doit pas s’oublier, comme beaucoup semblent y aspirer. Oui, elle fut horrible. Mais vouloir l’occulter de nos mémoires c’est à coup sûr permettre que 2016 et les suivantes soient pires encore. 2015 n’est pas le fruit du hasard ou de la faute à pas de chance.

Il y a en ce moment de fêtes un certain irréalisme à lire les vœux de chacun s’envoler dans un lyrisme optimistement béat. Bon, allez, c’est normal, et de bonne guerre, oserait-on dire. C’est un rituel. Comme il y a un an, on entrait dans ce 2015 irréversible. Après un 14 qui n’avait pas été folichon non plus.

Ce répugnant cru 2015 aura commencé le 7 janvier. Scotché sur mon ordinateur et zappant d’un site à l’autre, je voyais défiler l’horreur. Ces noms qui s’affichaient et qui avaient accompagné ma jeunesse. Charlie. Cabu. Wolinski. Wolinski !!! N’oublions pas non plus, dès le surlendemain, ce « Je ne suis pas Charlie » qui, dans nos écoles et nos quartiers, donnait une prime aux assassins, aux crétins salauds. Une formule inacceptable et de défiance, qu’on a tolérée au nom de la tolérance et de la bêtise.

2015 se sera terminé la nuit du 13 novembre dans ce mélange de gaité de la victoire des Diables rouges et de ce vertige d’effroi qui comptait les morts de Paris. Cette débâcle totale l‘emportait bien sûr définitivement sur la victoire. La gueule de bois du lendemain, avec ce constat inaltérable : tout ça c’est chez nous, par des gars de chez nous. Qui sans doute s’exclamaient Je ne suis pas Charlie dès le 8 janvier. Et les jours qui suivront, cette paralysie forcée de toute une région face à la terreur et au risque auquel dorénavant il nous faut nous habituer.
Les températures clémentes de l’hiver n’auront pas eu raison des frissons qui nous obsèdent et obséderont encore longtemps.

Entre ces deux dates, d’autres images millésimées 2015. Des décapitations de femmes et d’hommes valeureux par d’infâmes crapules. La destruction par les mêmes de vestiges hérités des générations du passé et dont notre devoir était de les transmettre aux générations futures. Des attentats, toujours des attentats. Au Kenya, en Turquie, aux Etats-Unis, en Tunisie, au Mali. Des assassinats de Blacks, qui semblent nous ramener au temps de la ségrégation américaine. Les tensions de plus en plus inquiétantes avec la Russie. Ce salaud de la Germanwings qui croit pouvoir s’autoriser à emmener 150 personnes dans son suicide. Un climat totalement déboussolé qui amène çà et là notre seule planète à se venger.

Et comment donc nos démocraties font-elles pour résister ?
Là est le plus inquiétant sans doute. Une France qui penche de plus en plus en faveur de Le Pen. Le FN, premier parti de France, oui oui c’est aussi cela 2015. Ces politiques qui défilent en disant la main sur le cœur qu’ils ont compris le message des électeurs, alors que tous ces derniers savent parfaitement que c’est du pipeau. Et ce trublion de Trump qui ne fait plus rire du tout, tant la perspective qu’un jour il soit élu a de quoi terroriser le monde entier.

Et chez nous, cette vacuité politique qui instaure un cours de rien ; qui cent après le Génocide arménien se complait encore dans des atermoiements coupables et irrespectueux ; qui à Linkebeek fait nommer un bourgmestre soutenu par une minuscule minorité. Cet enfoncement des syndicats dans l’entêtement avec des actions de plus en plus néfastes et impopulaires.
N’oublions pas non plus la haine sur certains visages face aux réfugiés qui, affluant de partout, sont le signe que vraiment tout va mal.

OK les amis, la trêve des confiseurs nous autorise aux formules lénifiantes et éculées qui supposent que l’année nouvelle sera belle.
Mais vous savez que je ne suis pas de mauvais augure en disant ici que je n’en crois pas une miette.
Si toutefois on veut garder l’espoir que 2016 soit une charnière vers un réel mieux, militons pour l’intelligence face à l’obscurantisme, pour la liberté d’expression face aux fondamentalistes. Et pour une démocratie vivifiée qui ne soit plus le seul apanage d’une caste qui a démontré à suffisance son incapacité à faire en sorte que nous ayons de belles années.
Ce sont là mes voeux. Et malheureusement je sais ce qu’ils comportent d’utopique.

 

 

2 commentaires pour D’une image à l’autre, et les larmes aux yeux.

  • stas pascale dit :

    et oui Pierre beaucoup d’hypocrisie mais aussi l’espoir d’un monde meilleur…Belle année à toi!

  • Raymond bECQ dit :

    Merci Pierre d’avoir les yeux en face des trous. Tu as raison de ne pas ménager tes efforts pour dénoncer les travers de nos sociétés. Bonne continuation.

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