Je n’ai pas le Nobel de l’économie

Posté le 11 avril 2010 dans Divers

Cette évidence de n’être pas destiné à recevoir un jour le prix Nobel de l’économie s’est imposée à moi par deux fois cette semaine. Deux fois, imaginez un peu. Y a de quoi en attraper des complexes.

Premier cas : Didier Bellens, patron de Belgacom. En 2008, le monde politique s’est ému de l’importance de ses revenus. Comment ! Autant ?! Mais c’est inadmissible !… Scandaleux ! Ce cortège de cris du coeur à l’unisson avait de quoi étonner, dans la mesure où Belgacom reste une entreprise publique, dont l’Etat possède 53,5 % des parts. Je ne sais pas vous, mais moi, si j’étais actionnaire majoritaire d’une entreprise, il me semble que j’aurais quelque chose à dire, a priori, sur le niveau de salaire de mon premier employé, non ? Alors, on les a entendus, tous ces concierges effarouchés des bonnes vertus, la main sur leur plébiscite, jurer à n’en plus finir que ce n’en était pas question, et que le Didier il en prendrait pour son grade s’il n’acceptait pas une diminution substantielle de traitement. Le numéro Uno du numéro Uno des fleurons technologiques de notre pays voulait le rester et consentit donc à une réduction notable. On parlait à l’époque de 30 %, ce qui n’est pas rien. L’opinion publique était soulagée, et nos politiques en étaient quitte de leur honneur de responsables des actions de l’Etat.
Quelques articles dans la presse de cette semaine nous révélaient les salaires des grands patrons. C’est comme cela que l’on apprend que Bellens a gagné 2,4 millions en 2009, c’est-à-dire moins qu’en 2008, où il avait touché 2,862 millions.
Je ne suis pas Nobel de mathématiques, mais je connais Excel : cela fait une diminution de 16,14 %. Avez-vous entendu un politique s’en émouvoir ? Moi non.

Second cas : la dette de la SNCB qui explose. Je lis dans la presse cette phrase qui me plonge dans un abîme d’incompréhension : “Les recettes du trafic national de voyageurs auraient diminué de 36 %, malgré une hausse du nombre de voyageurs de 0,7 %.” J’ai lu et relu cette phrase une quinzaine de fois. Allez, je le refais. Seize fois, je sais compter. Et je ne comprends pas. Ils parlent de recettes, pas de bénéfices. Donc, l’augmentation des coûts n’y est pour rien. Ils ont plus de clients, mais font moins de recettes… Et pas qu’un peu : 36 % !… C’est mieux que Didier Bellens, mais bon. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que les tarifs ont diminué de 36 % ? Ca se saurait ! Que les voyageurs, dorénavant, font des trajets plus courts de 36 % ? Et le reste, ils le font à pied ou en trottinette ? Que tout d’un coup, il y a 36 % de fraudeurs en plus ? Que la SNCB, dans sa magnanimité, a décidé d’offrir 36 % de ses trajets gratuits ?
Bon, je vais revoir mes notes de cours, parce que là, je pige pas.

Mais au fond, je suis peut-être à côté de la plaque, moi. C’est le Nobel de la Politique que je ne pourrai jamais avoir ! Youpi, j’ai encore mes chances pour le Nobel de l’économie !

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