Kafkacom, le mufle et la coquine

Posté le 8 février 2010 dans Divers

Etre traité de mufle par une personne du service technique de Belgacom est quelque chose qui, avouons-le, n’arrive pas tous les jours. C’était mercredi dernier. Comme je le raconte dans mon précédent billet, mon Adsl s’était mise en grève. Ploups, tout d’un coup, plus rien. Un premier contact téléphonique avec le service technique n’avait servi à rien. Après avoir pianoté toute une kyrielle de 1, de 2 et de 3, et encodé mon numéro de téléphone, j’étais tombé sur un technicien qui semblait ne vouloir parler qu’à des pairs. Idéalement, à l’entendre, je devais être du même niveau que lui. A défaut, et comme je ne pouvais lui expliquer en détail l’installation que ses collègues avaient effectuée chez moi, il me raccrocha au nez. Etait-ce intentionnel ? je ne sais pas. Mais il prit bien garde de ne pas me rappeler.
Estimant que j’avais autre chose à faire que pianoter des chiffres pour appeler Belgacom, je téléphone alors à “mon contact”. En réalité, c’est un contact externe. Belgacom en effet, constatant combien l’insatisfaction de ses clients était grandissante et la capacité de son personnel à faire preuve d’une indispensable orientation client relativement nulle, a confié à de plus petites boîtes le soin de les séduire ou de les récupérer. C’est grâce à ce contact qu’une autre personne du service technique me rappelle. Mais je suis en réunion au resto, ce qui ne plaît pas à la dame, parce que je ne peux répondre aux questions techniques qu’elle me pose sur mon modem. Bizarre quand même que Belgacom ignore à ce point ce qu’ils me louent… Je me défends en lui expliquant qu’heureusement les clients de Belgacom ont de temps en temps du travail, histoire de payer leurs factures, mais à l’évidence mon humour ne passe pas. C’est alors qu’elle me traite de mufle. Ah. J’ignore et fais tout pour terminer l’entretien, en fixant un rendez-vous téléphonique avec un de mes collaborateurs pour l’après-midi. Mais je ne laisse pas passer pour autant et, après que tout soit réglé, je la remercie pour son “mufle” bien sympathique. Elle confirme en me disant qu’elle est française, qu’elle connaît bien le dictionnaire et que cet adjectif me caractérise parfaitement. La dame a des lettres, mais semble ne pas tout à fait comprendre la réalité des choses, parce qu’elle continue en me disant que d’ailleurs elle aussi elle paie pour moi. Ah bon ? Oui, oui, moi aussi je paie des impôts, qui vous paient !… Voilà sans doute l’explication : la Française nous croit en Union Soviétique ou en Corée du Nord, où tout le monde est payé par l’Etat. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Je n’en saurai en effet pas plus, vu que cette délicate adepte du dico me raccroche au nez. Décidément, c’est une manie chez eux.

L’après-midi, mon collaborateur calé à côté du modem est resté bredouille. La dame est boudeuse, elle ne rappelle pas les mufles, na ! Quand je m’en suis ouvert à certains de ses collègues, que forcément j’ai dû appeler à force de nombreux pianotages, eh bien ils ont été étonnés. Choqués même. Et ça c’est une bonne nouvelle : à l’évidence, le qualificatif “mufle” n’est pas celui que l’on recommande de donner aux clients chez Belgacom. La Française a donc innové. Un peu Mata-Hari, la coquine s’est en outre débrouillée pour brouiller les pistes : elle a effacé toute trace de notre conversation. Je cherche donc désespérément une Française du service technique de Belgacom qui m’a appelé le 3 février à 13h40. C’est vrai quand même, de telles rencontres, on ne les oublie pas !

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