La banalité du traumatisme

Posté le 18 février 2008 dans Divers

Ne croyez surtout pas que ce soit une habitude – heureusement –, ni que ce blog tienne à se substituer à la DH, mais il se fait que mon fils et deux de ses copains se sont fait agresser hier dans la rue. Bousculades et menaces pour un GSM, un Ipod et un peu d’argent. Il n’y eut ni coups, ni blessures. Moins grave donc que ce qui est arrivé à mon ami N il y a une semaine, mais quand même. Comment peut-on accepter que des jeunes de 14 ans soient confrontés à un tel rapport de forces ? Qui plus est avec des gars nettement plus grands et âgés qu’eux. Et pourtant, il semble qu’ils ne soient guère traumatisés. Nettement moins que leurs parents en tout cas ! C’est peut-être cela qui est inquiétant : qu’ils ne soient même pas traumatisés ! Comme si c’était banal, normal, relevant d’un risque quotidien, connu et avéré.

Parlons d’autre chose alors : de la communication spécifique à ce genre d’événement, et notamment de l’absolue nécessité de « parler » à l’autre, comme je l’explique dans mon « B.A.-BA de la Communication » : un des trois jeunes a réussi à s’enfuir, en criant « On nous rackette, on nous rackette ! » Eh bien, c’est un mauvais choix. Rien ne nous autorise à croire que tout le monde, les personnes âgées notamment, comprend ce mot. Et pour ceux qui le comprennent, ils peuvent croire qu’il s’agit d’un simple non respect du code d’un jeu quelconque, compréhensible donc uniquement par des initiés. « On nous rackette ! » est une exclamation de jeunes adressée à des adultes. Mais qui leur parle moins. Aucun n’a bougé. Le copain de mon fils aurait certainement gagné à crier « Au voleur ! A l’aide ! ». Même au risque de paraître ringard.

5 commentaires pour La banalité du traumatisme

  • victoria dit :

    Notre aventure: J’ai du aller chercher mon fils à l’hôpital St Pierre avec son nez cassé pour un GSM (une nuit de samedi à dimanche quand il rentrait d’une soiréeà pied). Une semaine après, un groupe des jeunes de notre quartier nous a interpellé dans la rue pour nous dire qu’il s’agissait des "étrangers" (c.à.d. des jeunes d’autre quartier) qu’ils étaient désolés pour l’image de leur communauté, etc. etc. (cela nous a réchauffé le coeur quand même)
    Depuis lors, il prend le taxi!

  • Christian dit :

    Je suis le grand-père du copain de votre fils, celui qui n’a pas fui ou qui est resté pétrifié, allez savoir.

    J’ai lu avec attention votre billet dans lequel vous batissez une théorie sur une hypothèse non vérifiée et invérifiable.

    Comment, le lendemain d’un acte violent, peut-on dire que des enfants l’ayant subi ne semblent pas traumatisés?
    Comment, à partir de cette constatation, peut-on batir une théorie sur la banalité du traumatisme.
    Je pourrais vous donner des exemples de traumatismes silencieux.

    Quant au deuxième paragraphe, il tient plus du "je l’avais dit" et du "il aurait fallu faire".

    En résumé votre billet est un bel exercice de style sans grand interet sur le fond.

  • Nicolas dit :

    Si les parents ne peuvent pas enfermer leurs enfants et assurer qu’ils ne seront jamais confrontés à la violence, par contre ils peuvent donner les codes pour qu’ils sachent faire face à une telle situation et être aussi présents…. si cela arrive, pour dédramatiser et les aider à digérer cela.
    En fait, il me semble qu’alors ces enfants ont bien de la chance d’avoir des parents aussi chouettes, cela explique peut être pourquoi ils sont du bon coté de l’ipod et du gsm volés…..

  • Tim dit :

    D’abord une connaissance à toi, une semaine plus tard ton propre fils, sans parler des pics de pollution… ça a l’air chouette de vivre dans une grande ville !

    Qu’est-ce qu’on est bien à la campagne… euh je ne dis pas ça pour que tout le monde habite hors des villes ou, pire, en face de chez moi… ben oui, moi aussi je peux être un "nymby" si je veux !

  • Tim dit :

    Auto-rectification, il fallait lire "nimby" au lieu de "nymby"… terribly sorry my dear.

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