Le Peuple sans nom de Layla Nabulsi

Posté le 18 septembre 2008 dans Divers

Il y a une douzaine d’années, je rentrais chez moi. Il était tard. J’écoutais la radio. Il faut me connaître : je suis incapable de rester en place. Et donc, la radio, je la coupe dès que je me gare. Mais cette fois-là, une voix m’envoûtait. C’était une nouvelle, dite à la RTBF. Elle était longue, mais je n’en perdais pas une miette. Elle racontait une histoire passée lors du génocide au Rwanda, en 94. Cette voix féminine disait les mots, clairs, durs, dans des phrases imparables, de ces phrases qu’on ne peut pas ne pas écouter. Impitoyables. Je suis resté à écouter jusqu’à la fin, sentant le froid qui peu à peu envahissait ma voiture. Je voulais non seulement entendre la fin de cette histoire effroyable, mais aussi savoir qui en était l’auteur. Et qui avait cette voix qu’on ne peut ignorer. Eh bien c’était la même. L’auteur et la voix ne faisaient qu’une : Layla Nabulsi, une amie que je connais depuis perpète. Je ne l’avais pas reconnue. Ni dans ses mots, ni dans son intonation unique.
Depuis, chaque fois qu’elle m’envoie un mail pour annoncer un de ses nouveaux spectacles, je me dis que je dois le faire savoir. Je ne l’ai pas encore vu, encore. Mais j’en suis sûr : ça en vaut la peine.


Le Théâtre Le Public présente
LE PEUPLE SANS NOM OU LA COLERE DU FLEUVE
De Layla Nabulsi
Du 04/09 au 18/10 à 20h30
Relâche les dimanches et lundis

C’est l’histoire d’un peuple sans nom ; on ne lui accorde pas beaucoup d’importance. Le village du peuple sans nom risque de se faire engloutir par le fleuve en crue. Les autorités chinoises ont décidé de sacrifier ce village situé en aval en faisant sauter les digues pour éviter que l’eau du fleuve ne submerge les grandes villes.

Été la petite habite ce village. Pour fuir la montée des eaux et ne pas être englouti, il n’y a plus qu’à prendre la route et changer de rivage, aller trouver asile au-delà des montagnes. Pendant son voyage, elle croisera une foule de personnages, curieux, insolites, cruels… Le fleuve ivre mort, le dragon prosélyte, le soldat en mal de sexe, la maquerelle en manque d’argent, Monsieur Ning le cynique et Madame Ning l’insouciante…

Un spectacle satirique où l’impuissance des « sans » noms côtoie la vanité de ceux qui les entourent. C’est une farce… et c’est une tragédie : loin des médailles olympiques et du miracle économique, ce conte chinois relate les affres d’une petite fille « sans espoir » à la merci des « sans scrupules ».

Mise en scène : Layla Nabulsi
Avec : Marie Bach, Yamina Cheurfa, Jo Deseure, Cachou Kirsch, Sophia Leboutte & Catherine Salée.

« De ce texte, on pouvait craindre un ton larmoyant. Et pourtant, la metteuse en scène réussit à insuffler une belle loufoquerie et une furieuse liberté de jeu, désamorçant la gravité du propos. Sur le plateau, six comédiennes font virevolter accessoires et costumes, et s’échangent les rôles comme des balles de tennis, incarnant tantôt un fleuve ivre mort de son propre liquide, tantôt un dragon superstar, un cochon, un dignitaire corrompu ou une doyenne de village. »
Le Soir, 3/09/08.

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