Pierre à Dakar

Posté le 20 mai 2009 dans Divers

Un conseil les amis : méfiez-vous lorsqu’à l’enregistrement on vous dit qu’on ne peut pas vous délivrer votre ticket d’embarquement pour votre connexion. C’est mauvais signe. Surtout lorsque vous avez peu de temps en transit. Et encore plus quand votre vol a du retard. Bon, bien sûr, le retard vous le constatez un peu tard, c’est normal.
Donc…
Après un vol de six heures – étonnant, ce survol du Sahara ! -, vous arrivez sur le tarmac de Dakar. Vous vous dites que quelqu’un va vous attendre, pour accélérer votre transit. Mais n’est pas Bio de Danone qui veut ! Personne n’est là pour m’accueillir. Je fais donc la file aux passeports, et puis à la réception des bagages. Pour arriver au hall des départs et m’entendre dire que le vol pour Bamako est déjà parti. Ah. Et qu’est-ce que je fais, alors ? On m’attend au Mali, moi, pas à Dakar !
Le personnel local de SN Brussels est incontestablement gentil. Et ils ne peuvent affréter un avion rien que pour moi. Le prochain vol est pour demain matin 8h. Et très logiquement ils me prennent en charge. En me logeant à l’hôtel de l’aéroport. OK, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’orientation client.
En attendant mon voucher, je m’imagine dans une sorte de Novotel, avec mon Wifi et mon whisky. Et à deux pas à pied de mon check-in du petit matin.

C’est là que ça se corse. Je suis dans une sorte de cellule. Une pièce vaguement hideuse qui ne sait pas ce qu’est un aspirateur. Un temps j’ai cru que j’étais au-dessus de la piste de décollage. Mais non, c’est le bruit de la clim que j’entends. Notez que j’aurais pu le deviner : je ne suis pas dans une chambre d’hôtel, mais dans une chambre froide de boucher qui sent le poisson pas tellement frais. Hors de question de prendre un bain. La baignoire est bien là. Mais la sortie de bain porte bien mal son nom. A voir sa taille, un kleenex aurait mieux fait l’affaire. Quant au mini-bar, vous n’avez envie que de remercier le client précédent – Ainsi, il y en aurait d’autres que moi !… – parce qu’il vous a aimablement laissé un fond de bouteille de coca dans un frigo aussi chaud que n’est froide ma cellule. Je peux toujours me consoler avec la télé. Mais elle semble venir d’un marché aux puces local. Elle fait office de décoration en fait. Juste pour dire. Un peu comme ces beaufs qui, aux débuts de l’ère du portable, s’achetaient un GSM en plastique pour faire croire. Je pourrais lire évidemment. Mais le néon n’aveugle que l’étroit couloir de la cellule, pas le lit. C’est fait exprès sans doute. Pour que les taches suspectes de je ne sais quoi ne se voient pas trop.
Allez, je fais le difficile, mais quand même : on me laisse sortir ! Qui donc parle de prison ? Et en plus je ne suis pas surpeuplé : ma cellule est rien que pour moi. Et bien sûr aussi pour les punaises et les puces qui me tiennent compagnie dans l’adversité.
Bon, je dois rentrer. C’est bientôt couvre-feu. Je vais réintégrer ma cellule. En me demandant si d’autres clients de SN Brussels que moi accepteraient ce type d’orientation client.

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